Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa lutte contre la corruption. Depuis quelques jours, des vidéos de flagrants délits diffusées sur la télévision nationale (RTB) font l’effet d’une bombe.
Derrière ces images chocs, on retrouve le KORAG (Comité d’Orientation de la Recherche des Avoirs Galvaudés), une structure qui utilise désormais des moyens techniques avancés pour traquer les brebis galeuses de l’État.
Des flagrants délits en haute définition
Ce que l'on appelle désormais dans les rues de Ouagadougou la « caméra du KORAG » (parfois confondue avec la technologie thermique Kourar pour sa précision chirurgicale) a filmé des scènes jusque-là cachées dans le secret des bureaux. Les enregistrements révèlent des pratiques systématiques de pots-de-vin et d'extorsion.
Trois cas majeurs ont particulièrement marqué l’opinion publique :
* Un agent de santé (chirurgien) filmé en train d’exiger des sommes illégales à un patient pour une intervention pourtant déjà réglée.
* Un agent des services domaniaux surpris en train de négocier un pot-de-vin pour accélérer la délivrance de titres de terrain.
* Des agents de police sur la voie publique, dont les techniques de dissimulation des billets de banque ont été mises à nu par des angles de vue imprenables.
Une stratégie de « choc pédagogique »
Le porte-parole du KORAG, le commandant Farouk Azaria Sorgho, a été très clair : la phase de sensibilisation est terminée. Le gouvernement de transition, sous l'impulsion du capitaine Ibrahim Traoré, a décidé de passer à la « révolution progressiste populaire ». L’objectif est de montrer que nul n'est à l'abri, même dans l'intimité d'un bureau ministériel ou d'un poste de contrôle.
La diffusion de ces vidéos n’est pas seulement médiatique, elle est le prélude à des sanctions administratives et judiciaires immédiates.
Pour le gouvernement, l'usage de ces caméras cachées et d'agents infiltrés est devenu une arme de dissuasion massive contre un phénomène qui « gangrène » l’économie nationale.
Vers une numérisation des paiements
Pour contrer ces pratiques, les autorités ont annoncé que le paiement des contraventions et de nombreux actes administratifs se ferait désormais par voie électronique (système e-Paiement). Cela vise à éliminer tout contact physique avec l'argent entre l'agent et l'usager, rendant les tentatives de « négociation » beaucoup plus difficiles.
Ce qu'il faut retenir
Si la caméra Kourar est une merveille technologique française dédiée à la surveillance thermique longue portée, c'est bien l'œil invisible du KORAG qui est devenu le cauchemar des fonctionnaires corrompus au Burkina Faso. Le message envoyé est limpide : « Ça tourne en grand angle, et c'est dans la boîte. »